Jeanne Roussel a ouvert sa galerie au 14 rue de la Cité, à Troyes, dans le quartier de la cathédrale, qui est aussi celui des musées et de locaux universitaires, à l'enseigne prometteuse du "Départ". Et de fait, cette galeriste hors norme a choisi de donner de la visibilité à des artistes qui jusqu'alors, pour x raisons, n'avaient pas eu, ou pas assez, accès aux cimaises des lieux d'exposition.
Pour la cohérence de sa démarche, Jeanne Roussel demande aux artistes à qui elle ouvre sa galerie de consentir à ce que leurs oeuvres soient mises en vente à des prix extrêmement abordables, parfois même bien en-dessous des prix que ces artistes avaient obtenu pour des ventes personnelles antérieures à leur passage chez elle. S'ils acceptent, c'est parce qu'ils perçoivent que cette démarche est louable en ce qu'elle concrétise une volonté de démocratisation du marché de l'art.
Ainsi, pour ne citer qu'un exemple, allez voir (si vous n'êtes pas Troyens, le site internet de la galerie est visitable à toute heure et de n'importe où) les nus puissants et colorés de Lucile Collignon, et vous aurez sous les yeux des oeuvres dont la cote ne peut que s'élever rapidement.
C'est aussi chez Jeanne Roussel que j'expose jusqu'à la fin juin un petit nombre de paysages peints à l'huile ou à l'acrylique, et quelques dessins à l'encre de Chine, productions dans lesquelles je mets en oeuvre la figuration telle que je l'ai défendue dans la contribution précédente, pour des vues de la Champagne, de la Polynésie ou de Venise, par exemple.
Une curiosité: on pourra voir et acquérir l'un de mes premiers travaux, une copie de "La route de Louveciennes sous la neige", d'Alfred Sisley, peint voici 40 ans. Bien sûr, cette copie, pour très fidèle qu'elle est à l'original, exposé au musée d'Orsay, ne pourra jamais être taxée de "faux" puisque j'avais respecté, en la peignant, l'une des règles d'or des bons copistes: choisir un format différent de celui de l'original.